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Le PPA-CI réclame un meilleur découpage électoral et un poste de vice-président de la CEI

Le retour du parti de Gbagbo à la commission électorale indépendante (CEI) n’a pas réglé tous les problèmes. La preuve, lors de sa 17è conférence de presse, tenue jeudi dernier, le parti a demandé le respect des différents accords signés dans le cadre du dialogue politique. L’un de ces accords fait notamment de la population le critère d’un découpage électoral juste.

Et c’est reparti pour les polémiques électorales ! A quelques mois des élections municipales et régionales constituant une sorte de répétition générale avant la présidentielle de 2025, le Parti des peuples africains (PPA-CI) qui a signé son entrée à la commission électorale indépendante le 22 février 2023, réclame un statut de vice-président pour son représentant à la commission. Comme promis du reste, assure son porte-parole, Justin Katinan Koné.
« Le PPA-CI rappelle que bien qu’admis à la CEI, son représentant n’a pas encore la qualité de vice-président et ne participe pas (en conséquence) à certaines instances de la CEI où se prennent des décisions importantes », a dénoncé Katinan.
Le PPA-CI demande en conséquence plus d’égards en raison de son rang de troisième force politique à l’Assemblée nationale, estimant que son absence à ce niveau de prise de décision au sein de la CEI ne lui fait pas jouer un rôle à la hauteur de la force qu’il représente. Surtout que le rapprochement du RHDP avec le FPI a accru le déséquilibre au sein de la CEI.
Le porte-parole du parti de Laurent Gbagbo fustige aussi le découpage électoral à quelques mois des élections municipales et régionales qui vont fixer les rapports de force avant la présidentielle de 2025.
Le PPA-CI qui a créé à cet effet un organe anti-fraude au sein de son appareil pour mieux contrer la tricherie électorale, dénonce le découpage électoral actuel comme une preuve de déni de démocratie dans notre pays.
Selon le rapport de mission d’observation électorale de EISA n° 67 longuement cité par le porte-parole du PPA-CI, « le décret n°2021-60 du 3 février 2021 n’apporte pas de changement par rapport au découpage électoral proposé par le décret de 2011. « Les circonscriptions électorales restent depuis lors inchangées, avec une population électorale moyenne de 29.000 électeurs par siège et des variations de représentativité allant de 5.000 à 126.000 électeurs par siège », dénonce Katinan en citant en guise d’exemple les communes et sous-préfectures de Bilimono, Kong et Sikolo dans la région du Tchologo.
Ces trois circonscriptions possèdent trois sièges pour moins de 21.000 électeurs tandis que la commune de Divo dans la région du Loh-djiboua possède un seul siège avec plus de 62.000 électeurs.
Koné Katinan met le doigt sur la surreprésentation électorale dans le nord du pays, notamment dans le Gontougo, le Kabadougou, le Bounkani, le Worodougou, le Bafing et le Tchologo pendant que la métropole d’Abidjan qui totalise 28% de la population électorale reste largement sous-représentée avec seulement 12% des sièges.
Bref, au lieu de « tenir compte de l’évolution démographique », le gouvernement ivoirien « a fait passer le nombre de circonscriptions électorales de 174 à 205 et le nombre de sièges 225 à 255 de députés, au terme du décret de 2011 qui promeut une clé de calcul se basant sur l’étendue du territoire et sur le nombre d’habitants du territoire concerné. Or, malgré leur originalité, ce procédé reste très peu pertinent, a sévèrement taclé Koné Katinan.

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