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Assainissement : Le déguerpissements avant les pluies diluviennes est-il une bonne chose en soi ?

Depuis le 11 mai, le gouvernement est passé à l’action pour déguerpir sites et habitats dangereux avant le début des pluies diluviennes.

Cette année encore, la Société d’Exploitation, de Développement Aéronautique et Météorologique (SODEXAM) promet de fortes précipitations avec des risques d’inondation importants. Alors, pour atteindre l’objectif « zéro victime en saison des pluies », le gouvernement a décidé de passer à l’action dans les sites et habitats dangereux.
Outre la construction de barrages écrêteurs de crue, la réhabilitation de trois barrages écrêteurs, l’aménagement de quatre cuvettes (Bokabo, Clouetcha, Akeikoi et Abobo baoulé) dans la commune d’Abobo et l’ouverture du chenal au niveau de la baie de Cocody, le gouvernement procède également au déguerpissement souvent violent des sites potentiellement inondables.
Que ce soit à Attécoubé, Yopougon, Plateau (Carena), Adjamé et Abobo, les pelleteuses du gouvernement n’ont rien laissé debout. « Nous préférons nos compatriotes vivants, et peut-être mécontents provisoirement, mais nous les préférons vivants », a déclaré le ministre de l’hydraulique, de l’assainissement et de la salubrité, Bouaké Fofana, lors du démarrage des opérations de déguerpissement des zones à risques le jeudi 11 mai dernier.
L’année dernière, six personnes ont trouvé la mort dans les glissements de terrain à Attécoubé après que les habitants aient refusé de quitter ces zone critiques. « Nos équipes ont demandé aux populations de partir de ces zones-là. Elles ont refusé et les ont même lapidées. Quelques jours après, il y a eu un éboulement. On a dénombré malheureusement 6 personnes tuées », a rappelé Bouaké Fofana, décidé cette fois à faire respecter l’autorité du gouvernement.
Car selon lui, « le gouvernement ne veut plus de morts. Le Premier Ministre a donné des instructions fermes à ce sujet. On a parlé à tous les maires du District d’Abidjan. L’opération « Saison des pluies, zéro victime, c’est possible » doit être une réalité cette année », s’est-il défendu.
Mais le ministre doit aussi avoir conscience que l’errance des populations déguerpies à une telle période est attentatoire aux droits humains.

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