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CEDEAO : Le risque de la désintégration

La Mali et le Burkina Faso ont menacé, lundi 31 juillet 2023, de quitter la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) si celle-ci chassait par la force l’armée nigérienne qui a renversé le régime de Mohamed Bazoum, le 26 juillet dernier.

Au-delà du coup d’Etat qui a renversé, le 26 juillet 2023, le président nigérien Mohamed Bazoum, c’est le risque de désintégration qui menace la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) qui inquiète désormais.
Lundi, le Burkina Faso et le Mali ont en effet publié un communiqué conjoint pour menacer de quitter l’union si la Cedeao engageait la force contre les militaires qui ont renversé Mohamed Bazoum, le président nigérien qui refuse toujours de démissionner.
Pour faire entendre raison aux conjurés, les dirigeants de la Cedeao qui se sont réunis le 30 juillet au Nigéria avaient infligé des sanctions économiques à la junte et menacé de la déloger par la force après deux semaines. Le lendemain de cette sévère mise en garde, un communiqué des insurgés annonçaient que la France aurait décidé d’engager la force française Barkhane dans la libération de l’ex-président.
Mais le Mali, la Guinée et le Burkina Faso ont dénoncé ces sanctions et menacé de quitter l’organisation. Pis, le Mali et le Burkina Faso considèrent qu’une attaque militaire commanditée par la Cedeao « s’assimilerait à une déclaration de guerre contre le Mali et le Burkina Faso » qui en appelle d’ores et déjà à la mobilisation des « forces vives » face aux menaces qui pèsent sur le ciel panafricain.
En 2000, la Mauritanie, un des pays fondateurs de la CEDEAO (1975), s’était retirée de cette organisation sous régionale pour intégrer l’Union du Maghreb Arabe (UMA).
La Cedeao vise à promouvoir la coopération et l’intégration dans la perspective d’une union économique de l’Afrique de l’Ouest et l’union monétaire, en vue d’élever le niveau de vie de ses peuples, de maintenir et d’accroitre la stabilité économique, de renforcer les relations entre les États membres et de contribuer au progrès et au développement du continent africain.
Pour encourager la stabilité de la sous-région, la Cedeao s’est également donné un code de bonne conduite démocratique qui n’a jamais été respecté en raison de l’assujetissement quasi chronique de l’organisation sous-régionale aux intérêts de l’Union européenne et de l’Occident.
Si le Mali, le Burkina Faso et la Guinée devaient faire bande à part, c’est la belle mort de l’intégration sous-régionale qui serait ainsi signée.

Sévérine Blé

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