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 Niger : Macron soutient l’option militaire de la CEDEAO, la junte réplique

Le Niger est en pleine ébullition. Le président français Emmanuel Macron a déclaré, dimanche 10 septembre 2023, que le redéploiement des forces françaises au Niger ne se fera qu’à la demande du président Mohamed Bazoum et en coordination avec lui.

C’est ce qui ressort de ses déclarations en réponse aux accusations du régime militaire nigérien à l’endroit de la France de préparer une intervention militaire dans le pays, lors d’une conférence de presse à l’issue du sommet du G20 à New Delhi.

 »Si nous redéployons nos forces, je ne le ferai qu’à la demande du président Bazoum et en coordination avec lui. Pas avec des responsables qui, aujourd’hui, prennent en otage un président », a-t-il assuré. Macron a également affirmé que son pays soutient « pleinement » la position de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest « CEDEAO », qui envisage l’option militaire en cas d’échec du dialogue.

La France accusée de déstabilisation

Tout en continuant de refuser un retrait rapide de ses troupes du Niger, la France a démenti les accusations portées samedi 9 septembre par la junte, qui lui reproche de « déployer ses forces dans plusieurs pays de la Cedeao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest)dans le cadre de préparatifs d’une agression contre le Niger, qu’elle envisage en collaboration avec cette organisation communautaire ».

Selon le communiqué des militaires nigériens lu samedi à la télévision nationale, depuis le 1er septembre, « deux aéronefs de transport militaire type A400M et un Dornier 328 ont été déployés en renfort en Côte d’Ivoire », et « deux hélicoptères multirôles type Super Puma » et « une quarantaine de véhicules blindés » l’ont été « à Kandi et Malanville, au Bénin »« Le 7 septembre 2023, un navire militaire français a accosté à Cotonou [au Bénin] avec à son bord du personnel et des moyens militaires », ajoute le communiqué, tout en assurant que « des centaines de rotations d’avions militaires cargo » avaient permis de débarquer d’importantes quantités de matériel et d’équipements de guerre au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Bénin.

Pourquoi la France s’entête-t-elle autant au Niger ?

 Plus de 130 000 tonnes d’uranium ont été extraites grâce aux deux filiales d’Orano (ex Areva) la Somaïr et la Cominak. 130 000 tonnes, c’est deux fois plus que ce que l’industrie nucléaire a prélevé dans les mines françaises en cinquante ans. « Le contrôle de l’uranium avec celui du pétrole et d’autres ressources fut l’une des raisons du maintien d’un dispositif de domination économique, politique et militaire de la France sur ses anciennes colonies, au lendemain de leur indépendance », rappelle Raphaël Granvaud, membre de l’association Survie et auteur du livre Areva en Afrique (éd. Agone, 2014).

AR Regtoumda

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