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La MONUSCO a-t-elle failli à sa mission de paix en République démocratique du Congo ?

Après 25 ans de présence c’est une nouvelle ère au Congo. Le 22 novembre dernier, un plan de retrait de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a été signé.

A cette historique rencontre, étaient présents la représentante spéciale en RDC du Secrétaire général des Nations unies, la Cheffe de la MONUSCO, Bintou Keita, ainsi que le vice-Premier ministre congolais, ministre des Affaires étrangères, Christophe Lutundula. Selon Christophe Lutundula, la collaboration « a montré ses limites, dans un contexte de guerre permanente, sans que la paix tant attendue ne soit rétablie dans l’Est du Congo« .

Le président congolais, Félix Tshisekedi déterminer à prendre le destin de son peuple en main

En septembre dernier, le président congolais, Félix Tshisekedi avait déjà demandé le départ des 15.000 Casques bleus, et un mois plus tard, une déclaration du Conseil de sécurité avait acté la mise en place de ce processus.

La MONUSCO tout comme la Minusma partage le même sort

Cela fait des décennies que les Forces armées de la RDCongo (FARDC) font face à des conflits impliquant une centaine de groupes armés. Depuis 2012, l’un d’entre eux a fait son retour : la milice M23. Ce groupe, « preuves substantielles » à l’appui selon l’ONU, serait soutenu par le Rwanda voisin. Selon Patrick Balemba Batumike, charge de recherche et animation au sein de Justice et Paix Belgique, « le Gouvernement congolais considère ce groupe comme les supplétifs de l’armée rwandaise de Paul Kagame« .

L’une des dernières actions supposées de M23 a eu lieu en novembre 2022, lors du massacre de 131 civils – par balle ou arme blanche – dans deux localités du Rutshuru au Nord-Kivu. Cet épisode signe, selon certains, un nouvel échec de la mission onusienne dans son maintien de la paix à l’est du pays, qui serait inexistant. C’est l’avis de Thierry Vircoulon, chercheur associé et coordinateur de l’Observatoire de l’Afrique centrale et australe, Centre Afrique Subsaharienne de l’Institut français des relations internationales (Ifri) qui se demande « de quel maintien de la paix on parle exactement parce que depuis 20 ans, il n’y a pas de paix dans les Kivu« . « La vérité, ajoute-t-il, c’est que la MONUSCO, elle a complètement échoué« . Un échec à protéger les civils à l’image du massacre de Kishishe. 

« La MONUSCO est dans une situation d’impuissance face au M23 et face à tous les groupes armés au nord et au sud du Kivu« , résume Thierry Vircoulon sur France Culture.

Comment la Monusco s’est elle installé au Congo

La MONUSCO (ex-MONUC) est en RDC depuis 1999. Cinq ans plus tôt avait lieu le génocide du Rwanda suivi de la fuite de 1,2 millions de Hutus vers le Nord-Kivu et le Sud-Kivu et des affrontements entre l’armée du Président zaïrois, Mobutu Sese Seko, et les forces de Laurent-Désiré Kabila, appelées Association des forces démocratiques de libération du Congo (AFDL). Ces dernières, appuyées par le Rwanda et l’Ouganda, se sont emparées de la capitale, Kinshasa en 1997. Un an plus tard, un soulèvement contre le gouvernement éclatait et des groupes rebelles étendaient leur emprise à l’est du pays.

AR Regtoumda

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